VALLADE-HUET Marie-Hélène

Sculptrice, je modèle l’argile, en particulier la terre à grès, avec passion depuis une vingtaine d’années. Auparavant j’ai exploré longuement l’aquarelle de paysage, le dessin et la peinture. Le travail en volume avec cette matière originelle, malléable à la main qu’est l’argile, me convient tout à fait. Je vais apprendre à penser en volume et, au fil du temps, je modèle des personnages, des bustes, sans croquis préalable, en confiance avec la matière avec le désir incessant de lui donner vie et de l’habiter. Je modèle des personnages comme on écrit des poèmes, tissés au fil des mois et des saisons. De nouvelles thématiques apparaissent, d’autres se tarissent avant de réapparaître plus tard sous une autre forme. Je ne suis pas dans une pensée conceptuelle mais dans un ressenti perméable au quotidien et à tout ce qui me traverse. Cette citation de La Tour du Pin m’accompagne chaque jour : « N’avez-vous pas en vous un monde immense ? Alors soyez son cri » Je candidate avec une série de bustes « Les Pléiades » à un moment où j’ai besoin de revenir à la figure, de la décliner en plus grand format, de m’éloigner du visage habituel, peut-être inspiré du mien. Je vais aller, entre autres sources, puiser chez les peintres de la Renaissance. Je les ai nommés Pléiades pour les relier au cosmos. Convoquer leur dimension poétique car cet amas d’étoiles connu depuis les Hébreux, les Aztèques, les Grecs, appartient aux grands mythes. C’est aussi nous renvoyer à cette matière première et brute, longuement travaillée et rêvée, dont on sait scientifiquement qu’elle est poussière d’étoiles… Une poésie en acte.